Je sors du cinéma. Le film était beau. Je vais me balader et je me sens plutôt bien, rempli d’un espoir vainqueur. C’est sûrement le film. Je marche et je commence à ressentir des choses. Cet espoir, il a aussi peur ; envie, mais peur. Oui, je me sens fort et impuissant à la fois. Je suis volontaire, mais je veux prendre mes jambes à mon coup. Je suis excité, mais j’en ai assez. Ça m’arrive des fois, de me sentir tout à la fois, submergé par des émotions que je n’arrive pas à définir. Elles me prennent de partout. Je le sens surtout dans la poitrine. Je deviens sensible et mon regard change. Je deviens spectateur du monde qui m’entoure. Le spectacle est magnifique, présenté par un filtre doux et bienveillant. Tout est silencieux. Je ne sens que des ondes. Je suis seul. Il n’y a que moi. Je suis invisible. Je ne vois personne et personne ne me voit. Ma présence n’a aucun sens donc tout devient possible. Je suis absent et très « là » en même temps. Je ne suis que ressenti, en lévitation, happé par le décor. Et, ça va. Je souris. Le monde est beau et il en vaut la peine. Je crois. J’ai l’impression de tout comprendre, enfin, et en même temps, ce tout n’est rien. Je suis ou très heureux, ou très triste. Confus, c’est sûr, ça part dans tous les sens. Alors, comme à chaque fois, transcendé par l’émotion, je pleure. Trou noir.

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