Dimanche dernier, je suis allé au Rosa Bonheur. Un ami m’y avait donné rendez-vous. J’ai attendu 45 minutes avant d’entrer. 45 longues minutes dans le froid (oui, il faisait froid, le printemps est un mensonge), à attendre de pouvoir atteindre le Graal. Pendant ces 45 minutes, j’ai vu Camille Cottin entrer; sans attendre, elle. Je me suis dit que la vie était injuste, que la seule différence entre elle et moi était un choix de carrière différent, basé sur des intérêts différents. Pourquoi, elle, elle n’attendrait pas ? Bref, j’étais jaloux. Au bout de 45 minutes, après être finalement entré, j’ai eu le magnifique droit de faire la queue pour atteindre le bar. Une bouteille de vin à la main, je me suis dirigé vers l’extérieur pour retrouver mon ami qui, lui, pour être entré une heure avant moi, attendait depuis bien longtemps. Et on a refait le monde en buvant notre bouteille. On a refait Rupaul’s Drag Race parce que vraiment, ça n’est plus ce que c’était (la saison 11, c’est la loose). On a refait nos vies amoureuses parce que ça, ça n’a jamais rien été. On a parlé de nos vies sexuelles aussi – ça, c’est mieux que ce que c’était – en s’expliquant pourquoi on est plus horny maintenant que quand on avait 18 ans (le cul, c’est important). Une soirée comme une autre en somme. Jusqu’au moment ou on a décidé d’aller à l’intérieur, de se mêler à la masse, de danser. On est allé au bar, on a pris un autre verre, on s’est mis dans un coin. Et là, un couple, sorti de nul part, s’est approché. Les deux hommes, qui ressemblaient à des acteurs pornos de série Z, se sont placés à un mètre de nous. Ils se sont embrassés. Mais attention, pas en mode « scène de l’ascenseur de Drive », plus « je me fais manger par un poulpe » kind of thing. Et ça a duré, longtemps. Ils se sont touchés, se sont frottés, se sont léchés aussi (je vous promets !). La couleur du jour sera un marron pas sexy. Désolé. L’amour, c’est beau, mais là, ça ne l’était pas. Leur amour n’était pas classe, mais alors, pas du tout. C’était un amour, peut-être vrai et sincère, mais qu’on n’a pas envie de voir. Un amour sans glamour, direct et in your face, qui n’attend pas alors qu’il devrait prendre son temps. Le couple nous a régulièrement lancé des regards complices. Voulait-il que l’on participe ? Avec mon ami, on était sur le cul. Nous sommes venus, nous les avons vu, nous les avons vaincu (avec nos esprits, oui oui), et on est parti. Et maintenant en y repensant, je me dis, qu’au fond, c’est eux qui ont raison. Au moins, ils ne se posent pas trop de questions. Enfin, ça n’est pas très important. On n’était que dimanche.

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